127. L’ignorance, la mère de tous les maux

Author: Meg MacHonis, Junior

L’esclavage des enfants est un problème envahissant qui existe encore.  Un grand nombre d’enfants sont les victimes du travail forcé partout dans le monde.  Tahar Ben Jelloun s’attaque à ce problème dans L’école perdue.  Ben Jelloun est un écrivain franco-marocain qui écrit souvent sur l’oppression et l’injustice.   Il est l’auteur de plusieurs romans comme L’enfant de Sable (1985) et  Le racisme expliqué à ma fille (1998).  Son roman L’école perdue (2007), qui est situé dans un petit village en Afrique de l’ouest, est l’histoire d’un instituteur qui découvre que ses élèves sont les victimes du travail forcé.  Dans le roman, Tahar Ben Jelloun condamne l’ignorance et son influence sur l’humanité.  Le fil de l’ignorance est tissé à travers l’histoire dans les façons différentes.    Bien que l’ignorance joue un rôle dans l’intrigue et est expliquée en détail, sa présence est aussi suggérée dans le dialogue des gens du village et implicite chez le lecteur grâce au narrateur.  Ben Jelloun utilise ce mélange de techniques pour mettre l’accent sur la nature toxique de l’ignorance envers les droits des enfants. 

Dans le chapitre « La pire chose au monde » c’est la première fois que l’idée de l’ignorance est reconnue directement.  Monsieur Abid, l’instituteur, pose la question « Quelle est, d’après vous, la pire chose au monde ? » (74).  Les étudiants répondent rapidement avec la mort, la maladie, la tempête de sable, la haine, la faim et des choses qui sont souvent considérées épouvantables.  Après chaque réponse, il contredit leurs idées.  Il les guide vers la bonne réponse en expliquant brièvement le sens des mots qu’ils s’écrient, en donnant des  solutions à certains des problèmes et en les rappelant de penser dans un sens large et mondial.  Cette échange du dialogue continue jusqu’à ce que les élèves demandent « c’est quoi la pire chose au monde ? »(78). 

Il commence sa réponse avec une description de leurs ancêtres.  Pour les élèves, cette connaissance est essentielle à la compréhension de l’ignorance. Il les décrit avec une série d’expressions en apposition avec « les anciens, nos ancêtres, nos maitres »(78).  Chaque ligne suit une structure similaire—elles commencent avec « ceux qui/que » et se terminent avec un caractéristique de leurs personnalités ou une facette de leur mode de vie.  A chaque ligne consécutive, il les définit en outre en donnant un nouvel aspect de leur caractère.   Ben Jelloun utilise l’anaphore pour mettre l’accent sur les qualités et les traits de leurs ancêtres.  Un rythme est créé parce qu’il n’y a pas de ponctuation finale jusqu’à la fin. La dernière ligne de cette grande phrase est « ceux-là disent que la pire chose au monde ce n’est ni la mort, ni la maladie, ni la peur, mais l’ignorance. »(79).  Il rappelle aux élèves (et au lecteur aussi) que leurs réponses ne sont pas la pire chose au monde, puis affirme que c’est l’ignorance.  Les caractéristiques des ancêtres exposent leur ouverture d’esprit.  Le narrateur contrastera ces traits plus tard avec les instances de pure ignorance. 

Les gens du village sont présentés dans une manière qui suggère leur ignorance vers  l’éducation et l’esclavage des enfants.   Le ton de leur dialogue est un reflet clair de leur mépris total vers ce qui se passe autour d’eux.  L’ironie qu’un homme dit « nos enfants sont libres ! »(47) quand il est informé du travail des enfants démontre leur insistance inhérente sur n’importe quoi.  Un autre dit « Je suis d’accord que les garçons aillent à l’école, mais les filles, jamais ! » (47).  Cette mentalité absurde reflète leur point de vue sur l’éducation, qui devrait être un droit humain et pas réservée pour les garçons uniquement.  La connotation du mot « jamais » est forte, restrictive et finie—elle insinue qu’ils affirment leurs croyances sans doute.  Selon le narrateur, c’est « une attitude typique des ignorants »(80).   C’est ironique aussi parce que les gens pensent que le bien-être de la communauté est plus important que l’éducation.  Selon l’Organisation des nations unies, « Au cours des quatre dernières décennies, l’amélioration mondiale de l’éducation des femmes a évité plus de 4 millions de morts d’enfants. En Afrique subsaharienne, environ 1,8 million de vies d’enfants auraient pu être sauvées en 2008 si toutes les mères avaient au moins achevé le cycle secondaire. »

L’ignorance n’est pas apparente dans les gens du village seulement mais dans Hadj Baba, le chef du village, aussi.  Quand Monsieur Abid cherche les élèves, Hadj Baba fait des excuses pour les enfants.   Il dit que « le savoir doit être enseigné par un homme d’expérience, un vieil homme qui sait parler aux arbres et aux animaux »(45).  En critiquant Monsieur Abid, le chef du village méprise son souci pour les enfants et change la concentration de la conversation.  Tout au long de cette scène, les enfants sont comparés au vent, aux paroles, aux cailloux et aux mouches.  Ces métaphores sont répétées par le chef du village et les gens du village aussi.   La répétition des métaphores sur les enfants entre la communauté donne l’impression que c’est ordinaire de dire ces adages.  Ils couvrent quelque chose mais leurs dispositions indiquent qu’ils ne s’inquiètent pas trop pour leurs enfants.  Hadj Baba dit avec désinvolture que « Les enfants nous échappent »(43).  Cette nonchalance vers l’emplacement de leurs enfants et vers les conditions à l’atelier est une forme d’ignorance.   

Après découvrir la situation à la bâtisse blanche, Monsieur Abid cherche à nouveau l’aide de Hadj Baba.  Bien que Hadj Baba reconnaisse que « Il vaut mieux l'école que la fabrique » et il valide Monsieur Abid en disant que l’école est importante, il pense toujours que « c’est un luxe » (55).  Il est compréhensible que l’élimination de la famine soit une priorité. Cependant, c’est toujours une forme d’ignorance  vers les conditions à la bâtisse blanche et les droits des enfants.  Non seulement cela, mais c’est l’ignorance vers l’importance et la nécessité de l’éducation.  Les gens du village ne comprennent pas que l’éducation pourrait aider à réduire et éliminer la faim dans l'avenir.   Selon « L’initiative mondiale pour l’éducation avant tout » par l’ONU, « Si tous les élèves des pays à faible revenu acquéraient des compétences de base en matière de lecture, 171 millions de personnes pourraient être sorties de la pauvreté, ce qui représenterait une diminution de 12% de la pauvreté dans le monde ».  Ce chiffre est incroyable—c’est une amélioration significative.   Si les villageois étaient exposés à ce chiffre, ils ne seraient pas si résistants à l’idée de l’éducation pour leurs enfants. 

Il y a une présence implicite de l’ignorance.  Tout au long de L’école perdue, Ben Jelloun prend un ton didactique à travers la narration.  La leçon de l’ignorance et ses répercussions est un message pour le lecteur autant qu’elle est un message aux élèves et au village entier.  Dans le chapitre « Les pauvres et les prophètes » il pose la question « Mais qu’est-ce qu’être pauvre ? » (17).  Cette question provoque le lecteur à réfléchir à ses propres idées sur la pauvreté.  Il n’attend que le lecteur soit naïf ou même ignorant à la mode de vie des pauvres.  Tout de suite, il assure le lecteur que « Pas besoin d’imaginer des choses extraordinaires, il suffit de nous regarder ».  Ben Jelloun développe sa description dans les paragraphes qui la suivent.  Les fausses notions de la pauvreté sont dénoncées et les vrais sentiments de la pauvreté sont expliqués.  Il établit  un rapport au lecteur en utilisant un ton simple et direct.

A la fin, la France gagne le match du football que les enfants regardent.  Un enfant acclame en disant « on a gagné ! »  A la dernière ligne un enfant exclame qu’il a cousu la chaussure de Zidane et c’est pour ça qu’ils ont gagné.  Cette ligne sert deux fonctions : de rappeler le lecteur qu’ils sont des jeunes enfants et de laisser le lecteur avec une image forte.   Cet exclamation est vraiment typique des enfants, c’est innocent et adorable.  D’autre part, il met le problème de l’esclavage des enfants dans un contexte mondial.  Le lecteur pensera à ces enfants quand il regarde un match de foot.   Ils pourraient mettre l’issue de l’esclavage dans un contexte personnel.  Ils pourraient penser aux enfants dans la vie quotidienne quand ils  voient n’importe quel chaussure ou ballon du foot.  Cette tactique est la dernière tentative d’influencer et affecter les pensées du lecteur. 

Tahar Ben Jelloun veut que tout le monde soit conscient que cette chose horrible existe encore.  Selon une enquête de Walk Free, une ONG basée en Australie, il y a « près 30 millions de personnes dans le monde » qui sont des esclavages et un grand nombre sont des enfants.  Bien que L’école perdue fût publié en 2007, ce problème est toujours pertinent.  Le Benin, par exemple, était réputé « terre d’enfants esclaves » à cause de son grand pourcentage des enfants esclaves et ses conditions horribles pour les jeunes victimes d’esclavage.  L’enquête révèle que la Mauritanie, l’Inde, le Pakistan, le Nigeria ont quelques-uns des plus grands nombres des esclavages.  C’est évident qu’il y a beaucoup de pays dans lequel il y a moins de présence de l’esclavage. 

Alors l’objectif original de Jelloun n’est pas sans rapport.  En éclairant le problème de l’esclavage des enfants et éliminant l’ignorance du lecteur,  il rapproche une solution à ce dilemme troublant.  En l’intégrant dans la progression de l’histoire, en la suggérant à travers le dialogue des gens du village, en l’insinuant dans la tête du lecteur, Tahar Ben Jelloun expose franchement la capacité destructrice  de l’ignorance.

English Abstract

The issue of child labor is continually making victims out of innocent children all over the world.  In this paper, I analyze the ways Tahar Ben Jelloun uses the theme of ignorance to call attention to the real cause of the forced labor of children.  By employing a variety of literary techniques, Ben Jelloun denounces ignorance towards the conditions in many factories and spreads awareness about this complete disregard for children’s rights.  In attacking the problem directly, Ben Jelloun implores the now-enlightened reader to educate others in hopes of eradicating the problem of child labor altogether.

La Bibliographie

Ben Jelloun, Tahar. L’école Perdue. N.p.: Gallimard Jeunesse, 2007. Print.

Bonal, Cordélia. "Trente Millions D'esclaves Dans Le Monde."
Http://www.liberation.fr. Libération Monde, 17 Oct. 2013. Web. 04 Dec. 2013.

L’Initiative Mondiale Pour L’éducation Avant Tout. N.p.: n.p., n.d. Global Education First Initiative. United Nations, Sept. 2012. Web. 5 Dec. 2013.
<http://www.globaleducationfirst.org/about.html>.

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